Ne vous appropriez pas trop ce qui est dit sur Airbus par les journaleux qui déforment beaucoup de choses. J’ai travaillé dans cette boîte quand elle annonçait ses difficultés et la réalité n’est pas tellement ce qui est décrit non plus. C’est vrai que l’€ représente un certain coût pour l’entreprise, mais qui sait l’évaluer ? Ce serait à mon avis comme accuser l’allumette quand la cuisine explose, ce n’est pas elle qui a ouvert le gaz. C’est clair qu’il y a un vrai problème de communication, de stratégie industrielle et de management et que beaucoup de décisions ont été mal prises (si vous connaissiez le système de voyages qui a été mis en place l’an dernier).
De plus, quand on veut bien lire entre les lignes, on voit bien que l’entreprise ne veut pas non plus de licenciements secs sur un mois mais des suppressions de postes (c’est un peu différent) sur 4 ans et qui touchent aussi les gens de bureaux de Central Entity dont on sait depuis des lustres qu’ils sont trop nombreux. De plus, ce n’est pas parce que l’entreprise vend un site ou une partie pour se concentrer sur son ceur de métier comme beaucoup qu’elle ne souhaite pas à côté que ses employés soient repris également par ses fournisseurs qu’elle veut au contraire rendre plus stratégiques et mieux intégrés. Ce n’est pas pour faire avaler la pilule gentiment que je dis ça, c’est clair : il y aura beaucoup de gens au chômage, mais pas le chiffre annoncé non plus.
D’ailleurs, on entend trop que l’on va vendre comme ça le site de Saint-Nazaire mais seulelment une partie du site qui est divisé en 2 car on va la déménager derrière celle restante où l’on fait l’assemblage (un gigantesque terrain vient d’être acheté derrière l’aéroport de Gron pour ceux qui connaissent) donc délocaliser ?...
Quand l’entreprise annonce qu’elle va réduire ses nombres de sous-traitants, elle n’est pas folle au point de réduire leur capacité alors qu’elle est en grande cadence de production. Ce qu’elle vise, c’est de les regrouper et faire que ceux de rang 1 (fournisseurs directs) passent en rang 2 (fournisseurs de fournisseur). Surtout en ce moment où elle compte sur eux pour reprendre les sites dont elle souhaite se séparer pour se concentrer sur son coeur de métier (comme la plupart des boîtes).
Enfin, et c’est le plus important, aucun client d’Airbus n’a intérêt à ce que l’avionneur s’écroule ce qui reviendrait à donner un monopole à Boeing (d’où la poursuite de la croissance de son carnet de commandes), donc l’avenir de l’entreprise est loin d’être remis en cause comme on l’entend car elle dispose de sérieux atouts.
Attention, je n’applaudis pas au son de power 8, loin de là car comme d’habitude c’est la flexibilité du personnel précaire qui est utilisée. Je veux juste chercher les vraies raisons et analyser les vrais conséquences pour remettre aussi un peu de vérité dans tout ça quand tout le monde y va de sa petite explication (y compris nos candidats). Beaucoup de personnes à Saint-Nazaire savaient ce qui allait se passer il y a plus d’un an et voir et entendre toute cette cacophonie médiatique pré-électorale : Entendre parler d’une crise importante, c’est sûr, mais imaginer résoudre le problème en 10 jours et parler d’un désastre complet pour l’entreprise...
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