L’apprentissage ne doit pas prendre le pas sur la formation professionnelle initiale publique, les statistiques montrant qu’il est bien moins performant.
Hélas, les régions qui ont en charge la carte des formations poussent vers une augmentation importante du nombre d’apprentis, au détriment de la formation initiale en lycée professionnel.
La campagne honteuse de pub en faveur de l’apprentissage où on nous fait croire que cette voie de formation permet de suivre un cursus du CAP au diplôme d’ingénieur ne fait que conforter aux yeux de la population la soi disante déficience du système éducatif (déficience voulue à grands coups de suppression des moyens)et la volonté de trouver une autre voie de formation.
Elle a aussi pour conséquence la dévalorisation des diplômes (qui vont, peu à peu perdre leur caractère national avec l’instauration du contrôle en cours de formation) et la fin des grilles salariales en relation avec le diplôme(conventions collectives).
On ne parle déja plus de diplômes mais de compétences, ce qui revient à dire que pour être opérationnel, il suffit de maîtriser quelques élements, au détriment bien sur d’une solide formation générale qui exclut la formation citoyenne.
La réalité est qu’il s’agit bien plus de fournir aux entreprises en déficit de main d’oeuvre une mane de salariés à moindre coût-hotellerie, restauration, BTP- (les apprentis, rappelons le, sont des salariés qui ne touchent qu’un pourcentage du salaire minimum en fonction de leur âge, de 24 à 72%).
L’apprentissage est un mode de formation discriminatoire - peu de jeunes filles, peu de jeunes issus de l’immigration - et il soumet le jeune à la condition de trouver un employeur pour pouvoir entamer et poursuivre sa formation.
C’est ainsi que la possibilité pour les salariés d’accéder à la formation continue se réduit : le déficit en enseignement général pour les personnes formées par apprentissage en est l’un des freins considérable ; remarquons au passage que d’autres candidats (Sarkosy et Royal), prônent une formation tout au long de la vie qui reporte sur le salarié la responsabilité de sa formation en cas de licenciement et donc la responsabilité en cas de chômage par la suite.
Le programme de José Bové est clair sur ce point et c’est tant mieux.
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