Bonjour,
A lire vos documents, il semble bien qu’aucun "gros" candidat ne semble mentionner un problème de gouvernance crucial en matière de santé (et extrapolable dans d’autres domaines) : la garantie de l’indépendance des informations et des formations professionnelles médicales.
Actuellement, la formation des médecins (depuis l’université jusqu’à la pratique quotidienne) est financièrement largement dépendante de l’industrie pharmaceutique. Cette dernière "tient" par ailleurs la presque totalité de la presse professionnelle... à l’exception de deux "villages gaulois" irréductibles et indépendants (la revue "Prescrire" et la revue "Pratiques").
Le problème majeur tient dans "l’amicale pression" exercée en permanence par l’industrie pharmaceutique sur les médecins pour infléchir leurs prescriptions en faveur de médicaments sur des critères de pur marketing et au mépris de leur réel intérêt de santé publique. Les médecins sont donc globalement "pris en tenaille" entre deux puissants intérêts contradictoires :
suivre la pression des industriels (ce qui a été l’attitude dominante jusqu’à présent),
suivre les recommandations de modération des dépenses publiques induites par l’assurance maladie (c’est actuellement l’attitude d’une forte minorité de médecin).
Il s’agit d’un véritable "double lien" (in English "double bind"), cher aux systémiciens), d’une véritable "injonction paradoxale" qui leur est faite : "Prescris donc un maximum de boîtes de XXXX, petit gaspilleur des fonds publics !!!".
De fait, les médecins sont confrontés à un conflit d’intérêt majeur : servir leurs patients ou leurs sponsors. Les intérêts des patients sont de recevoir un "juste soin", ceux des sponsors industriels sont de vendre un maximum de leurs productions.
Au sommet du système, les "experts", formateurs, professeurs, spécialistes de tel ou tel problème de santé : eux-même sont souvent plus ou moins grassement financés par l’industrie. La plupart d’entre eux marche cependant "masqué" : leur dépendance financière envers l’industrie n’est pas connue des médecins qui reçoivent leurs informations... ni de leurs auditeurs lorsqu’ils passent sur les média. Il en va de même dans les organismes public ou privés où siègent des médecins : leurs éventuels liens avec l’industrie sont encore trop souvent dissimulés.
Il en résulte que l’information (ou la formation) cache souvent son caractère tendancieux.
La seule possibilité raisonnable est que les intéressés soient tenus de rendre publics leurs conflits d’intérêts : qu’il soit clairement annoncé l’appartenance à tel groupe industriel, le financement par tel autre, etc. C’est pourtant ce que prévoyait la "loi Kouchner" dans son article 26, en... mars 2002 ! Les décrets d’application ne sont pas encore publiés...
Un positionnement clair des politiques sur ce point serait souhaitable et susceptible d’éclairer un grand nombre d’électeur sur le type de société défendu par les candidats.
Alors, pour ou contre une vraie "démocratie sanitaire" ?
Voir en ligne : Voir le site du Collectif FORMINDEP
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