Par un bout, on commence à travailler de plus en plus tard, soit parcequ’on fait des études, soit parceque, n’ayant pas fait d’études, on ne trouve pas de boulot.
Par l’autre bout, on vit de plus en plus longtemps, ce qu’aucun d’entre nous ne regrette, j’espère.
Alors se pose mathématiquement le problème du rapport nombre de cotisants sur nombre de bénéficiaires.
C’est inéluctable, et nous sommes en plein dedans avec le phénomène du papyboom.
Il est assez évident que prélever sur les réumérations de 40 années de travail de quoi financer 20 années de retraite à taux plein, ça ne marche pas.
Et ça marche encore moins si c’est 35 ans de travail et 30 ans de retraite.
Hélàs.
Prendre dans la poche des patrons, taxer les super bénéfices des entreprises ? D’abord ça n’apporterait au mieux que quelques années de financement, et puis ça mettrait en l’air l’économie, et la source des revenus des uns et des autres.
Je ne suis pas très optimiste, mais en même temps je me réjouis de vivre plus vieux et que mes enfants fassent des études.
Alors il faut bien se résigner :
1. bosser un peu plus, et surtout être plus productifs : on peut, avec un peu de bonne volonté, avec moins de peur du changement, avec une meilleure entente patrons / salariés, produire beaucoup plus dans le même temps. Mon expérience d’organisateur me fait dire 20% sans problème, c’est à dire déjà 8 ans de gagnés. Et ça peut se faire en 4 à 5 ans, je pense. Mais il faut aussi produire bien, produire intelligemment pour trouver des clients. Je ne crois pas que ce soit en produisant du bas de gamme, même bon marché (type Logan) qu’on trouvera à terme des clients à l’international, alors que nos concurrents chinois et indiens sont en train de monter en qualité à toute vitesse, tout en maintenant leurs prix, comme les Japonais il y a 20 ans.
2. Il faut se faire à l’idée que le montant des retraites soit substantiellement inférieur au montant des salaires (avec un plancher décent, bien sûr), et même inférieur aux Assedic. Je ne dis pas cela pour provoquer, mais parceque, tout simplement, il n’y a pas d’autre solution à l’impasse nombre d’années d’activité / nombre d’années de retraite. Cela veut dire moins consommer pendant la période d’activité, moins s’endetter et plus épargner. Cela veut dire, bien sûr, que les retraites doivent être dégressives, puisque ce sont les plus favorisés qui auront pu épargner le plus.
Le drame d’aujourd’hui, c’est que les politiques n’ont pas eu le courage de prendre ce problème à bras le corps connu depuis longtemps. Le "livre blanc des retraites" de Michel Rocard, est 1991. Et seule la loi Fillon a fait une vague tentative, très discutable. Parce que les politiques préfèrent nous voir consommer qu’épargner. Alors nous sommes pris de court par le problème, et la retraite, qui avait des allures de paradis, prend soudain un tour d’enfer.
C’est un problème majeur (pré-retraité, je suis en plein dedans), mais celui des jeunes passe quand même avant.
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